Que dire, que ne pas dire
Vous alliez dire « fais un effort » ? Voici pourquoi cette phrase blesse souvent, et ce que vous pouvez dire à la place. Vingt phrases entendues, classées par rôle. Chacune a son adresse : vous pouvez l'envoyer à quelqu'un.
Ici : vingt phrases entendues, pourquoi elles blessent souvent, et quoi dire à la place. Faites : trouvez votre rôle, lisez la phrase, et envoyez-en une à quelqu'un si besoin.
Quelle phrase alliez-vous dire ?
Choisissez votre rôle pour ne voir que les phrases les plus fréquentes dans votre situation.
8 phrases pour « Ami·e, frère, sœur ».
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Vous alliez dire
« Tout le monde est un peu TDAH / un peu autiste »
Pourquoi ça blesse
Elle rapproche ce que la personne vit de ce que tout le monde connaît parfois. Elle fait entendre : « ce que tu décris n'a rien de particulier ». Une fatigue passagère n'est pas la même chose qu'une difficulté de tous les jours.
À la place, vous pouvez dire
Raconte-moi à quoi ressemble une journée ordinaire pour toi.
Je ne vis pas la même chose que toi. Aide-moi à comprendre.
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Vous alliez dire
« Tu n'as pas l'air autiste / TDAH »
Pourquoi ça blesse
Elle sonne comme un compliment, mais elle met en doute ce que la personne dit d'elle-même. Beaucoup de personnes cachent leurs particularités pour s'adapter (le masking). Ce qu'on ne voit pas n'est pas absent, et le cacher coûte de l'énergie.
Pour en savoir plus : Glossaire : masking
À la place, vous pouvez dire
Merci de me le dire. Qu'est-ce qui est difficile pour toi, que je ne vois pas ?
Je te crois.
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Vous alliez dire
« C'est une mode, tout le monde se dit neuroatypique maintenant »
Pourquoi ça blesse
Elle remplace l'histoire de la personne par une remarque sur l'époque. Qu'on en parle davantage ne dit rien de ce que cette personne vit.
À la place, vous pouvez dire
Peu importe ce qu'on en dit : toi, comment tu le vis ?
J'aimerais comprendre ce que ça change pour toi.
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Vous alliez dire
« Tu prends des médicaments ? C'est de la drogue »
Pourquoi ça blesse
Un traitement prescrit relève d'une décision entre la personne et son médecin. Un verdict venu de l'extérieur ajoute de la culpabilité à une démarche de soin. Une inquiétude se pose comme une question, sans jugement.
À la place, vous pouvez dire
Ça regarde ton médecin et toi. Si tu veux m'en parler, je t'écoute.
Je me pose des questions, mais je ne veux pas te juger. Tu peux m'en parler quand tu veux.
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Vous alliez dire
« Mais tu as l'air normal·e »
Pourquoi ça blesse
Elle oppose « normal » et « différent » comme si l'un excluait l'autre. Une personne peut paraître à l'aise et avoir un fonctionnement différent. Ce qui ne se voit pas dehors peut coûter de l'énergie.
Pour en savoir plus : Glossaire : masking
À la place, vous pouvez dire
Qu'est-ce qui est difficile, que je ne vois pas ?
Merci de m'expliquer.
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Vous alliez dire
« Tu exagères, ce n'est pas si grave »
Pourquoi ça blesse
Elle juge de l'extérieur la gravité de ce que seule la personne ressent. Être crue est souvent ce qu'elle attend en premier.
À la place, vous pouvez dire
Je te crois. Qu'est-ce qui t'aiderait, là ?
Pour moi, ce n'est pas grand-chose, mais pour toi ça compte. Explique-moi.
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Vous alliez dire
« Il faut sortir de ta zone de confort »
Pourquoi ça blesse
Pour certaines personnes, les habitudes et les lieux connus servent à récupérer, pas à éviter la vie. Pousser sans demander peut empêcher cette récupération. C'est à la personne de choisir quand elle en sort.
À la place, vous pouvez dire
Si un jour tu as envie d'essayer, dis-le-moi : je t'accompagne.
Qu'est-ce qui serait possible pour toi, à ton rythme ?
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Vous alliez dire
« T'es bizarre / t'es pas net·te »
Pourquoi ça blesse
C'est une étiquette posée sur la personne. Elle ne dit pas ce qui gêne vraiment, et la personne ne peut rien en faire. Une remarque précise sur une situation se discute ; une étiquette, non.
À la place, vous pouvez dire
Je n'ai pas compris ce moment. Tu peux me dire comment tu le vois, toi ?
Dis-moi ce qui t'aiderait à être à l'aise.
Comment s'en servir
- Ce ne sont pas des formules à réciter. Reprenez-les avec vos mots. L'idée compte plus que la phrase.
- Une question vaut mieux qu'une explication. Les phrases proposées demandent ce qui aide, elles ne disent pas à la personne ce qu'elle ressent.
- Chaque personne est différente. Si une phrase ne convient pas à la personne que vous accompagnez, demandez-lui ce qu'elle préfère entendre.
- Ce n'est pas un conseil médical. Ces pages parlent de la façon de se parler. Pour toute question de santé, la personne et son médecin restent les seuls interlocuteurs.
Pour aller plus loin
« Je viens pour un proche » demande une inscription gratuite : des repères par profil, des mots qui aident et un plan d'accompagnement. Les phrases de cette page, elles, se lisent sans compte et sans laisser de trace.