Pour l'entourage

Que dire, que ne pas dire

Vous alliez dire « fais un effort » ? Voici pourquoi cette phrase blesse souvent, et ce que vous pouvez dire à la place. Vingt phrases entendues, classées par rôle. Chacune a son adresse : vous pouvez l'envoyer à quelqu'un.

Ici : vingt phrases entendues, pourquoi elles blessent souvent, et quoi dire à la place. Faites : trouvez votre rôle, lisez la phrase, et envoyez-en une à quelqu'un si besoin.

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Quelle phrase alliez-vous dire ?

Choisissez votre rôle pour ne voir que les phrases les plus fréquentes dans votre situation.

8 phrases pour « Conjoint·e ».

  1. Vous alliez dire

    « Tu n'as pas l'air autiste / TDAH »

    Pourquoi ça blesse

    Elle sonne comme un compliment, mais elle met en doute ce que la personne dit d'elle-même. Beaucoup de personnes cachent leurs particularités pour s'adapter (le masking). Ce qu'on ne voit pas n'est pas absent, et le cacher coûte de l'énergie.

    Pour en savoir plus : Glossaire : masking

    À la place, vous pouvez dire

    • Merci de me le dire. Qu'est-ce qui est difficile pour toi, que je ne vois pas ?
    • Je te crois.
    Lien vers cette phrase
  2. Vous alliez dire

    « Moi aussi je suis fatigué·e / distrait·e »

    Pourquoi ça blesse

    L'intention est de se rapprocher. L'effet est de ramener ce que la personne dit à une expérience courante. Elle ne cherche pas un concours de fatigue : elle voudrait être entendue.

    À la place, vous pouvez dire

    • Je te crois. Dis-moi comment ça se passe pour toi.
    • Je ne sais pas ce que c'est pour toi. Tu veux m'en parler ?
    Lien vers cette phrase
  3. Vous alliez dire

    « Tu réfléchis trop »

    Pourquoi ça blesse

    Elle demande d'arrêter quelque chose qui ne se décide pas. Elle ne propose rien de concret, et la personne peut en retenir qu'elle a un défaut de plus.

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui t'aiderait à y voir plus clair ?
    • Tu veux que je te donne mon avis, ou que je t'écoute ?
    Lien vers cette phrase
  4. Vous alliez dire

    « Arrête de te victimiser »

    Pourquoi ça blesse

    Elle traite une description comme une plainte. Quand la personne dit ce qui est difficile, elle cherche le plus souvent à être entendue, ou qu'on ajuste quelque chose.

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce que tu voudrais que je change, concrètement ?
    • Je t'écoute.
    Lien vers cette phrase
  5. Vous alliez dire

    « Tu prends des médicaments ? C'est de la drogue »

    Pourquoi ça blesse

    Un traitement prescrit relève d'une décision entre la personne et son médecin. Un verdict venu de l'extérieur ajoute de la culpabilité à une démarche de soin. Une inquiétude se pose comme une question, sans jugement.

    À la place, vous pouvez dire

    • Ça regarde ton médecin et toi. Si tu veux m'en parler, je t'écoute.
    • Je me pose des questions, mais je ne veux pas te juger. Tu peux m'en parler quand tu veux.
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  6. Vous alliez dire

    « Mais tu as l'air normal·e »

    Pourquoi ça blesse

    Elle oppose « normal » et « différent » comme si l'un excluait l'autre. Une personne peut paraître à l'aise et avoir un fonctionnement différent. Ce qui ne se voit pas dehors peut coûter de l'énergie.

    Pour en savoir plus : Glossaire : masking

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui est difficile, que je ne vois pas ?
    • Merci de m'expliquer.
    Lien vers cette phrase
  7. Vous alliez dire

    « Tu exagères, ce n'est pas si grave »

    Pourquoi ça blesse

    Elle juge de l'extérieur la gravité de ce que seule la personne ressent. Être crue est souvent ce qu'elle attend en premier.

    À la place, vous pouvez dire

    • Je te crois. Qu'est-ce qui t'aiderait, là ?
    • Pour moi, ce n'est pas grand-chose, mais pour toi ça compte. Explique-moi.
    Lien vers cette phrase
  8. Vous alliez dire

    « Tu n'as qu'à ne pas y penser »

    Pourquoi ça blesse

    Elle demande d'arrêter une pensée qui revient sans qu'on l'ait choisie. Le conseil est court, mais il ne propose rien de concret.

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui t'aide, quand ça revient ?
    • Tu préfères qu'on en parle, ou qu'on fasse autre chose ensemble ?
    Lien vers cette phrase

Comment s'en servir

  • Ce ne sont pas des formules à réciter. Reprenez-les avec vos mots. L'idée compte plus que la phrase.
  • Une question vaut mieux qu'une explication. Les phrases proposées demandent ce qui aide, elles ne disent pas à la personne ce qu'elle ressent.
  • Chaque personne est différente. Si une phrase ne convient pas à la personne que vous accompagnez, demandez-lui ce qu'elle préfère entendre.
  • Ce n'est pas un conseil médical. Ces pages parlent de la façon de se parler. Pour toute question de santé, la personne et son médecin restent les seuls interlocuteurs.

Pour aller plus loin

« Je viens pour un proche » demande une inscription gratuite : des repères par profil, des mots qui aident et un plan d'accompagnement. Les phrases de cette page, elles, se lisent sans compte et sans laisser de trace.