Que dire, que ne pas dire
Vous alliez dire « fais un effort » ? Voici pourquoi cette phrase blesse souvent, et ce que vous pouvez dire à la place. Vingt phrases entendues, classées par rôle. Chacune a son adresse : vous pouvez l'envoyer à quelqu'un.
Ici : vingt phrases entendues, pourquoi elles blessent souvent, et quoi dire à la place. Faites : trouvez votre rôle, lisez la phrase, et envoyez-en une à quelqu'un si besoin.
Quelle phrase alliez-vous dire ?
Choisissez votre rôle pour ne voir que les phrases les plus fréquentes dans votre situation.
8 phrases pour « Enseignant·e ou AESH ».
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Vous alliez dire
« Il suffit de faire un effort / de t'organiser »
Pourquoi ça blesse
Elle laisse entendre que l'effort manque. La personne en fait souvent déjà, et la question est plutôt le moyen : une liste, un minuteur, une consigne écrite. La fiche TDAH du site rappelle que ce n'est ni un manque de volonté, ni un problème d'éducation.
Pour en savoir plus : La fiche TDA/TDAH
À la place, vous pouvez dire
Qu'est-ce qui t'aiderait à t'y mettre ? Je peux faire la liste avec toi.
Qu'est-ce qui rendrait ça plus facile ?
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Vous alliez dire
« Tu t'en es bien sorti·e à l'école, donc ça va »
Pourquoi ça blesse
Réussir à l'école et aller bien sont deux choses différentes. De bonnes notes ne disent pas ce que ça a demandé à la personne.
À la place, vous pouvez dire
Tu as tenu, bravo. Et toi, comment ça va, maintenant ?
C'était comment pour toi, à l'époque ?
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Vous alliez dire
« Tu es juste paresseux·se »
Pourquoi ça blesse
C'est un jugement sur la personne, pas la description de ce qui se passe. Commencer une tâche peut être très difficile pour quelqu'un qui en a envie. La fiche TDAH du site rappelle que ce n'est pas un manque de volonté.
Pour en savoir plus : La fiche TDA/TDAH
À la place, vous pouvez dire
Qu'est-ce qui est difficile, dans le fait de commencer ?
On la découpe en une première petite étape ?
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Vous alliez dire
« Tu prends des médicaments ? C'est de la drogue »
Pourquoi ça blesse
Un traitement prescrit relève d'une décision entre la personne et son médecin. Un verdict venu de l'extérieur ajoute de la culpabilité à une démarche de soin. Une inquiétude se pose comme une question, sans jugement.
À la place, vous pouvez dire
Ça regarde ton médecin et toi. Si tu veux m'en parler, je t'écoute.
Je me pose des questions, mais je ne veux pas te juger. Tu peux m'en parler quand tu veux.
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Vous alliez dire
« Mais tu as l'air normal·e »
Pourquoi ça blesse
Elle oppose « normal » et « différent » comme si l'un excluait l'autre. Une personne peut paraître à l'aise et avoir un fonctionnement différent. Ce qui ne se voit pas dehors peut coûter de l'énergie.
Pour en savoir plus : Glossaire : masking
À la place, vous pouvez dire
Qu'est-ce qui est difficile, que je ne vois pas ?
Merci de m'expliquer.
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Vous alliez dire
« Tu fais ça pour attirer l'attention »
Pourquoi ça blesse
Elle prête une intention à la personne, alors qu'on ne peut pas la lire de l'extérieur. Elle ferme la conversation : il ne reste à la personne qu'à se défendre.
À la place, vous pouvez dire
Qu'est-ce qui se passe pour toi, là ?
Dis-moi ce dont tu as besoin, je t'écoute.
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Vous alliez dire
« T'es bizarre / t'es pas net·te »
Pourquoi ça blesse
C'est une étiquette posée sur la personne. Elle ne dit pas ce qui gêne vraiment, et la personne ne peut rien en faire. Une remarque précise sur une situation se discute ; une étiquette, non.
À la place, vous pouvez dire
Je n'ai pas compris ce moment. Tu peux me dire comment tu le vois, toi ?
Dis-moi ce qui t'aiderait à être à l'aise.
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Vous alliez dire
« Je te dis ça pour ton bien (devant d'autres personnes) »
Pourquoi ça blesse
Une remarque faite devant d'autres met la personne en difficulté, même quand l'intention est bonne. Le site recommande de parler à deux : une remarque à part se reçoit mieux qu'une remarque devant un groupe.
À la place, vous pouvez dire
Tu as cinq minutes, juste nous deux, plus tard ?
On en parle tous les deux, après.
Comment s'en servir
- Ce ne sont pas des formules à réciter. Reprenez-les avec vos mots. L'idée compte plus que la phrase.
- Une question vaut mieux qu'une explication. Les phrases proposées demandent ce qui aide, elles ne disent pas à la personne ce qu'elle ressent.
- Chaque personne est différente. Si une phrase ne convient pas à la personne que vous accompagnez, demandez-lui ce qu'elle préfère entendre.
- Ce n'est pas un conseil médical. Ces pages parlent de la façon de se parler. Pour toute question de santé, la personne et son médecin restent les seuls interlocuteurs.
Pour aller plus loin
« Je viens pour un proche » demande une inscription gratuite : des repères par profil, des mots qui aident et un plan d'accompagnement. Les phrases de cette page, elles, se lisent sans compte et sans laisser de trace.