Routine visuelle à imprimer, pour un enfant ou un adulte
Matin, soir, départ, douche, devoirs : choisissez un modèle ou partez de zéro, donnez à chaque étape son pictogramme, puis imprimez en A4. Tout se passe dans votre navigateur.
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1. Composer la routine
Toutes les commandes marchent au clavier : Tab pour passer d'un bouton à l'autre, Entrée ou Espace pour agir.
Les étapes
Aucune étape pour l'instant. Ajoutez-en une, ou choisissez un modèle ci-dessus.
2. Choisir la mise en page
3. Aperçu, à utiliser ou à imprimer
À l'écran, cochez chaque étape faite. À l'impression, seule cette feuille sort, en noir et blanc ; choisissez l'orientation correspondante dans la fenêtre d'impression si votre navigateur la demande.
Ma routine
La feuille est vide : ajoutez des étapes à gauche (ou au-dessus sur téléphone).
Découpez le long des pointillés.
À quoi sert une routine visuelle ?
Une routine visuelle, c'est la suite des gestes d'un moment de la journée, dessinée dans l'ordre : se lever, aller aux toilettes, se laver les mains, prendre le petit-déjeuner… Au lieu de répéter « et maintenant, les dents ! » dix fois par matin, on montre la feuille. L'enfant, ou l'adulte, voit où il en est, ce qui vient ensuite, et quand ce sera fini.
Trois choses se jouent là. La prévisibilité d'abord : savoir ce qui va arriver rassure, surtout quand l'imprévu coûte beaucoup d'énergie. L'autonomie ensuite : la consigne passe de la voix de l'adulte à la feuille, et la personne peut avancer seule. Les transitions enfin : passer d'une activité à l'autre (quitter le jeu pour la douche, la maison pour l'école) est souvent le moment qui coince ; quand l'étape suivante est déjà visible, le changement est moins brutal.
Ce qui est établi
C'est dans l'autisme que les preuves sont les plus solides. Une revue de 31 études a conclu que les plannings d'activités visuels peuvent être considérés comme une pratique fondée sur les preuves, de la maternelle à l'âge adulte, surtout lorsqu'ils sont enseignés pas à pas (Knight et coll., 2015). Une autre revue, portant sur 23 études, rapporte surtout un meilleur engagement dans la tâche, puis plus de démarrages et de transitions sans aide (Koyama et Wang, 2011). La grande synthèse américaine de 2021, qui couvre 972 articles, range les supports visuels parmi les 28 pratiques reconnues (Hume et coll., 2021).
En France, la Haute Autorité de santé va dans le même sens. Sa recommandation de 2026 pour l'enfant et l'adolescent autistes demande de clarifier la durée des activités et leur enchaînement, de rendre les plannings visibles, d'impliquer l'enfant dans l'élaboration de son emploi du temps et, si besoin, d'utiliser des supports visuels comme des séquentiels de photos ou des pictogrammes. Pour l'adulte autiste, la recommandation de 2017 conseille de découper les gestes du quotidien en séquences et de préparer les transitions avec des aides visuelles.
Ce qui reste supposé
Ces études ont surtout été menées à l'école ou en établissement ; une revue de 2020 note que les preuves sur l'usage à la maison restent limitées (Rutherford et coll., 2020). Pour le TDAH, la recommandation HAS de 2024 conseille aux enseignants d'instaurer des routines, de fragmenter les tâches longues et de préparer les transitions : c'est cohérent avec l'idée d'une routine visuelle, mais l'effet d'une feuille illustrée à la maison n'a pas été mesuré comme dans l'autisme. Pour les troubles dys, le haut potentiel ou la haute sensibilité, nous n'avons pas trouvé d'étude dédiée. La bonne attitude : essayer quelques semaines, et garder si cela allège vraiment le quotidien.
Comment l'introduire, pas à pas
- Choisissez un seul moment, celui qui pèse le plus : souvent le matin ou le coucher. Une routine qui marche vaut mieux que cinq affichées en même temps.
- Construisez-la ensemble. Laissez l'enfant choisir des pictogrammes, dire les mots, décider de l'ordre quand c'est possible. La HAS recommande justement d'associer l'enfant à son emploi du temps.
- Gardez des étapes concrètes : « mettre ses chaussures » plutôt que « se préparer ». Une étape, une action que l'on peut voir faite.
- Affichez-la là où l'action se passe, à hauteur des yeux : la routine du matin près de la chambre, celle de la douche dans la salle de bains (dans une pochette plastique).
- Faites-la vivre les premiers jours : montrez l'image, faites avec, cochez ensemble. Puis reculez peu à peu, en montrant seulement la feuille.
- Saluez ce qui est fait, sans transformer la feuille en tableau de notes. Le but est de savoir où l'on en est, pas d'être jugé.
L'adapter à l'âge
- Avant l'école maternelle : deux ou trois étapes, de grandes cartes, et parfois l'objet réel à côté de l'image (la brosse à dents près du pictogramme).
- Maternelle : pictogramme et mot court. La bande horizontale en paysage se lit bien de gauche à droite, comme une histoire.
- École élémentaire : jusqu'à une dizaine d'étapes, avec des durées pour apprendre à sentir le temps. Le minuteur Pomodoro peut accompagner la routine des devoirs.
- Adolescents : une liste sobre, en cartes moyennes, parfois rangée dans un tiroir ou photographiée sur le téléphone. Demandez-leur ce qu'ils veulent y voir.
- Adultes : la « routine adulte du matin » sert de point de départ. Beaucoup d'adultes TDAH ou autistes y trouvent un moyen de sortir la liste de leur tête.
Les erreurs fréquentes
- Trop d'étapes d'un coup : la feuille devient un mur. Coupez en deux routines plutôt que d'allonger.
- Des images ambiguës : si l'enfant ne reconnaît pas le dessin, changez-le ou écrivez le mot. Une photo de son propre lavabo peut aussi convenir.
- Une routine figée : les jours de changement arrivent. Préparez-les en modifiant la feuille la veille, et montrez ce qui change. La HAS parle, pour l'adulte, de routines dont la souplesse augmente peu à peu.
- La retirer dès que ça marche : c'est souvent parce qu'elle est là que ça marche. La HAS recommande de ne pas abandonner ces supports trop vite et de les estomper avec prudence.
- En faire une sanction : une case non cochée n'est pas une faute. Si la routine devient source de conflit, simplifiez-la.
- Des durées trop serrées : mieux vaut une durée large et tenue qu'un chronomètre qui stresse tout le monde.
Quand en parler à un professionnel
Une routine visuelle est un outil du quotidien ; elle ne remplace ni une évaluation ni un accompagnement. Si les gestes de tous les jours restent très difficiles malgré tout, si l'angoisse des changements prend beaucoup de place, ou si vous vous interrogez sur un fonctionnement neurodivergent, parlez-en à votre médecin ou à celui de votre enfant. Nos fiches sur l'autisme et le TDAH expliquent comment se passe une évaluation, et les tests en ligne (autisme adulte, TDAH) aident à préparer la discussion, sans poser de diagnostic.
Le planificateur fonctionne entièrement dans votre navigateur, sans compte : rien n'est envoyé à nos serveurs. La routine est gardée sur votre appareil (voir cookies et stockage local). Les pictogrammes ont été dessinés pour Neurod.eu ; vous pouvez imprimer vos feuilles librement pour la maison, la classe ou un cabinet.
Questions fréquentes
Une routine visuelle, est-ce seulement pour les enfants autistes ?
Non. C'est dans l'autisme que les preuves sont les plus solides, mais un enfant TDAH, dys, à haut potentiel ou simplement en difficulté le matin peut en profiter, comme un adulte qui veut alléger sa charge mentale. Hors autisme, c'est une piste raisonnable plutôt qu'un résultat démontré : gardez-la si elle aide.
À partir de quel âge peut-on l'utiliser ?
Dès que l'enfant reconnaît une image et la relie à une action, souvent vers deux ou trois ans, avec deux ou trois étapes seulement. Il n'y a pas d'âge limite : les adolescents et les adultes préfèrent souvent une liste plus sobre, en cartes moyennes.
Combien d'étapes faut-il mettre ?
Le moins possible au début : trois à cinq étapes pour un jeune enfant, une dizaine au maximum pour un enfant plus grand. Si la liste paraît longue, coupez-la en deux routines (par exemple « avant le petit-déjeuner » et « après »).
Faut-il retirer la routine quand l'enfant sait faire ?
Pas trop vite. La HAS recommande de ne pas abandonner les supports visuels trop tôt et de les estomper avec prudence : réduisez d'abord la taille des cartes ou le nombre d'étapes, et gardez la feuille à portée pour les jours de changement ou de fatigue.
Ma routine est-elle envoyée quelque part ?
Non. L'outil fonctionne entièrement dans votre navigateur, sans compte. La routine est gardée sur votre appareil seulement, et vous pouvez l'effacer à tout moment avec le bouton « Vider la routine ».
Sources
Les références sur lesquelles s'appuie cette fiche, consultées le 15 octobre 2026. Elles informent ; elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
- Trouble du spectre de l'autisme : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l'enfant et de l'adolescent — Haute Autorité de santé (HAS), recommandation de bonne pratique adoptée le 8 janvier 2026, publiée le 12 février 2026Chapitre « Aménagement » : clarifier les durées et l'enchaînement des activités, rendre les plannings visibles, impliquer l'enfant dans son emploi du temps, utiliser si besoin des supports visuels (séquentiels photos, pictogrammes, objets, agenda) et ne pas les abandonner trop vite.
- Trouble du spectre de l'autisme : interventions et parcours de vie de l'adulte — HAS et Anesm, recommandations de bonnes pratiques, décembre 2017Découpages séquentiels pour les gestes du quotidien, routines conçues avec une flexibilité qui s'accroît progressivement, aides visuelles et emploi du temps pour préparer les transitions.
- Trouble du neurodéveloppement / TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents — HAS, recommandation de bonne pratique, juillet 2024 (annexe 1, conseils aux enseignants)Instaurer des routines, fragmenter les tâches longues en étapes courtes, afficher l'emploi du temps, préparer les transitions et prévenir à l'avance des changements.
- Evaluating visual activity schedules as evidence-based practice for individuals with autism spectrum disorders — Knight V., Sartini E., Spriggs A. D., Journal of Autism and Developmental Disorders, 201531 études examinées, 16 de qualité suffisante : les plannings d'activités visuels peuvent être considérés comme une pratique fondée sur les preuves dans l'autisme, de la maternelle à l'âge adulte.
- Use of activity schedule to promote independent performance of individuals with autism and other intellectual disabilities: a review — Koyama T., Wang H.-T., Research in Developmental Disabilities, 201123 études : effet le plus souvent rapporté sur l'engagement dans la tâche, puis sur le démarrage autonome et les transitions.
- Evidence-Based Practices for Children, Youth, and Young Adults with Autism: Third Generation Review — Hume K. et al., Journal of Autism and Developmental Disorders, 2021Les supports visuels figurent parmi les 28 pratiques qui atteignent les critères de pratique fondée sur les preuves (972 articles synthétisés).
- Visual supports at home and in the community for individuals with autism spectrum disorders: a scoping review — Rutherford M. et al., Autism, 2020Les supports visuels sont surtout étudiés à l'école ; les preuves sur leur usage à la maison restent limitées. Individualisation et constance ressortent des entretiens avec les parents.
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