Pour l'entourage

Que dire, que ne pas dire

Vous alliez dire « fais un effort » ? Voici pourquoi cette phrase blesse souvent, et ce que vous pouvez dire à la place. Vingt phrases entendues, classées par rôle. Chacune a son adresse : vous pouvez l'envoyer à quelqu'un.

Voir les phrases Vous recevez une fiche ?

Quelle phrase alliez-vous dire ?

Choisissez votre rôle pour ne voir que les phrases les plus fréquentes dans votre situation.

20 phrases.

  1. Vous alliez dire

    « Tout le monde est un peu TDAH / un peu autiste »

    Pourquoi ça blesse

    Elle rapproche ce que la personne vit de ce que tout le monde connaît parfois. Elle fait entendre : « ce que tu décris n'a rien de particulier ». Une fatigue passagère n'est pas la même chose qu'une difficulté de tous les jours.

    À la place, vous pouvez dire

    • Raconte-moi à quoi ressemble une journée ordinaire pour toi.
    • Je ne vis pas la même chose que toi. Aide-moi à comprendre.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Ami·e, frère, sœur.

  2. Vous alliez dire

    « Tu n'as pas l'air autiste / TDAH »

    Pourquoi ça blesse

    Elle sonne comme un compliment, mais elle met en doute ce que la personne dit d'elle-même. Beaucoup de personnes cachent leurs particularités pour s'adapter (le masking). Ce qu'on ne voit pas n'est pas absent, et le cacher coûte de l'énergie.

    Pour en savoir plus : Glossaire : masking

    À la place, vous pouvez dire

    • Merci de me le dire. Qu'est-ce qui est difficile pour toi, que je ne vois pas ?
    • Je te crois.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Conjoint·e, Ami·e, frère, sœur, Collègue ou manager.

  3. Vous alliez dire

    « C'est une mode, tout le monde se dit neuroatypique maintenant »

    Pourquoi ça blesse

    Elle remplace l'histoire de la personne par une remarque sur l'époque. Qu'on en parle davantage ne dit rien de ce que cette personne vit.

    À la place, vous pouvez dire

    • Peu importe ce qu'on en dit : toi, comment tu le vis ?
    • J'aimerais comprendre ce que ça change pour toi.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Ami·e, frère, sœur, Collègue ou manager.

  4. Vous alliez dire

    « Tu te cherches des excuses »

    Pourquoi ça blesse

    Elle prête à la personne une mauvaise intention. Une explication dit pourquoi c'est difficile ; elle ne dit pas qu'on renonce. La personne peut tenir à y arriver et chercher le moyen.

    À la place, vous pouvez dire

    • Explique-moi ce qui rend ça difficile, et on cherche comment s'y prendre.
    • Qu'est-ce qui t'aiderait à y arriver ?
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Collègue ou manager.

  5. Vous alliez dire

    « Il suffit de faire un effort / de t'organiser »

    Pourquoi ça blesse

    Elle laisse entendre que l'effort manque. La personne en fait souvent déjà, et la question est plutôt le moyen : une liste, un minuteur, une consigne écrite. La fiche TDAH du site rappelle que ce n'est ni un manque de volonté, ni un problème d'éducation.

    Pour en savoir plus : La fiche TDA/TDAH

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui t'aiderait à t'y mettre ? Je peux faire la liste avec toi.
    • Qu'est-ce qui rendrait ça plus facile ?
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Parent, Collègue ou manager, Enseignant·e ou AESH.

  6. Vous alliez dire

    « Moi aussi je suis fatigué·e / distrait·e »

    Pourquoi ça blesse

    L'intention est de se rapprocher. L'effet est de ramener ce que la personne dit à une expérience courante. Elle ne cherche pas un concours de fatigue : elle voudrait être entendue.

    À la place, vous pouvez dire

    • Je te crois. Dis-moi comment ça se passe pour toi.
    • Je ne sais pas ce que c'est pour toi. Tu veux m'en parler ?
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Conjoint·e.

  7. Vous alliez dire

    « Tu t'en es bien sorti·e à l'école, donc ça va »

    Pourquoi ça blesse

    Réussir à l'école et aller bien sont deux choses différentes. De bonnes notes ne disent pas ce que ça a demandé à la personne.

    À la place, vous pouvez dire

    • Tu as tenu, bravo. Et toi, comment ça va, maintenant ?
    • C'était comment pour toi, à l'époque ?
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Enseignant·e ou AESH.

  8. Vous alliez dire

    « Tu réfléchis trop »

    Pourquoi ça blesse

    Elle demande d'arrêter quelque chose qui ne se décide pas. Elle ne propose rien de concret, et la personne peut en retenir qu'elle a un défaut de plus.

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui t'aiderait à y voir plus clair ?
    • Tu veux que je te donne mon avis, ou que je t'écoute ?
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Conjoint·e.

  9. Vous alliez dire

    « C'est à cause des écrans »

    Pourquoi ça blesse

    Elle donne une cause unique et simple, et la rend évitable : la personne, ou ses parents, se sentent accusés. Ce qui est difficile aujourd'hui n'a pas besoin d'être tranché en une phrase pour qu'on puisse chercher ce qui aide.

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui est le plus dur pour toi en ce moment ?
    • Je ne cherche pas un coupable. Je cherche ce qui t'aide.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Parent.

  10. Vous alliez dire

    « Tu es juste paresseux·se »

    Pourquoi ça blesse

    C'est un jugement sur la personne, pas la description de ce qui se passe. Commencer une tâche peut être très difficile pour quelqu'un qui en a envie. La fiche TDAH du site rappelle que ce n'est pas un manque de volonté.

    Pour en savoir plus : La fiche TDA/TDAH

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui est difficile, dans le fait de commencer ?
    • On la découpe en une première petite étape ?
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Parent, Enseignant·e ou AESH.

  11. Vous alliez dire

    « Arrête de te victimiser »

    Pourquoi ça blesse

    Elle traite une description comme une plainte. Quand la personne dit ce qui est difficile, elle cherche le plus souvent à être entendue, ou qu'on ajuste quelque chose.

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce que tu voudrais que je change, concrètement ?
    • Je t'écoute.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Conjoint·e, Collègue ou manager.

  12. Vous alliez dire

    « Tu prends des médicaments ? C'est de la drogue »

    Pourquoi ça blesse

    Un traitement prescrit relève d'une décision entre la personne et son médecin. Un verdict venu de l'extérieur ajoute de la culpabilité à une démarche de soin. Une inquiétude se pose comme une question, sans jugement.

    À la place, vous pouvez dire

    • Ça regarde ton médecin et toi. Si tu veux m'en parler, je t'écoute.
    • Je me pose des questions, mais je ne veux pas te juger. Tu peux m'en parler quand tu veux.
    Lien vers cette phrase
  13. Vous alliez dire

    « Mais tu as l'air normal·e »

    Pourquoi ça blesse

    Elle oppose « normal » et « différent » comme si l'un excluait l'autre. Une personne peut paraître à l'aise et avoir un fonctionnement différent. Ce qui ne se voit pas dehors peut coûter de l'énergie.

    Pour en savoir plus : Glossaire : masking

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui est difficile, que je ne vois pas ?
    • Merci de m'expliquer.
    Lien vers cette phrase
  14. Vous alliez dire

    « De mon temps, ça n'existait pas »

    Pourquoi ça blesse

    Elle écarte ce que la personne vit parce qu'on n'en parlait pas avant. Qu'un mot soit récent ne dit pas que ce qu'il désigne n'existe pas. La personne se sent renvoyée à une époque où elle n'avait pas les mots.

    À la place, vous pouvez dire

    • On n'en parlait pas beaucoup. Raconte-moi ce que ça change pour toi.
    • J'ai envie de comprendre, même si c'est nouveau pour moi.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Parent.

  15. Vous alliez dire

    « Tu exagères, ce n'est pas si grave »

    Pourquoi ça blesse

    Elle juge de l'extérieur la gravité de ce que seule la personne ressent. Être crue est souvent ce qu'elle attend en premier.

    À la place, vous pouvez dire

    • Je te crois. Qu'est-ce qui t'aiderait, là ?
    • Pour moi, ce n'est pas grand-chose, mais pour toi ça compte. Explique-moi.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Conjoint·e, Ami·e, frère, sœur.

  16. Vous alliez dire

    « Tu n'as qu'à ne pas y penser »

    Pourquoi ça blesse

    Elle demande d'arrêter une pensée qui revient sans qu'on l'ait choisie. Le conseil est court, mais il ne propose rien de concret.

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui t'aide, quand ça revient ?
    • Tu préfères qu'on en parle, ou qu'on fasse autre chose ensemble ?
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Conjoint·e.

  17. Vous alliez dire

    « Il faut sortir de ta zone de confort »

    Pourquoi ça blesse

    Pour certaines personnes, les habitudes et les lieux connus servent à récupérer, pas à éviter la vie. Pousser sans demander peut empêcher cette récupération. C'est à la personne de choisir quand elle en sort.

    À la place, vous pouvez dire

    • Si un jour tu as envie d'essayer, dis-le-moi : je t'accompagne.
    • Qu'est-ce qui serait possible pour toi, à ton rythme ?
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Ami·e, frère, sœur, Collègue ou manager.

  18. Vous alliez dire

    « Tu fais ça pour attirer l'attention »

    Pourquoi ça blesse

    Elle prête une intention à la personne, alors qu'on ne peut pas la lire de l'extérieur. Elle ferme la conversation : il ne reste à la personne qu'à se défendre.

    À la place, vous pouvez dire

    • Qu'est-ce qui se passe pour toi, là ?
    • Dis-moi ce dont tu as besoin, je t'écoute.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Parent, Enseignant·e ou AESH.

  19. Vous alliez dire

    « T'es bizarre / t'es pas net·te »

    Pourquoi ça blesse

    C'est une étiquette posée sur la personne. Elle ne dit pas ce qui gêne vraiment, et la personne ne peut rien en faire. Une remarque précise sur une situation se discute ; une étiquette, non.

    À la place, vous pouvez dire

    • Je n'ai pas compris ce moment. Tu peux me dire comment tu le vois, toi ?
    • Dis-moi ce qui t'aiderait à être à l'aise.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Ami·e, frère, sœur, Enseignant·e ou AESH.

  20. Vous alliez dire

    « Je te dis ça pour ton bien (devant d'autres personnes) »

    Pourquoi ça blesse

    Une remarque faite devant d'autres met la personne en difficulté, même quand l'intention est bonne. Le site recommande de parler à deux : une remarque à part se reçoit mieux qu'une remarque devant un groupe.

    À la place, vous pouvez dire

    • Tu as cinq minutes, juste nous deux, plus tard ?
    • On en parle tous les deux, après.
    Lien vers cette phrase

    Rôles concernés :Parent, Enseignant·e ou AESH.

Comment s'en servir

  • Ce ne sont pas des formules à réciter. Reprenez-les avec vos mots. L'idée compte plus que la phrase.
  • Une question vaut mieux qu'une explication. Les phrases proposées demandent ce qui aide, elles ne disent pas à la personne ce qu'elle ressent.
  • Chaque personne est différente. Si une phrase ne convient pas à la personne que vous accompagnez, demandez-lui ce qu'elle préfère entendre.
  • Ce n'est pas un conseil médical. Ces pages parlent de la façon de se parler. Pour toute question de santé, la personne et son médecin restent les seuls interlocuteurs.

Pour aller plus loin

« Je viens pour un proche » demande une inscription gratuite : des repères par profil, des mots qui aident et un plan d'accompagnement. Les phrases de cette page, elles, se lisent sans compte et sans laisser de trace.