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Mon profil sensoriel : une fiche pour expliquer ses besoins

Bruit, lumière, vêtements, foule, faim ou douleur : dites ce qui vous gêne, ce qui vous aide et comment réagir en cas de surcharge. Vous obtenez une fiche claire à donner à l'école, au travail, à un soignant ou à vos proches. Pour vous, votre enfant ou un proche.

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Ce n'est ni un test ni un diagnostic. C'est un outil de communication : aucun score, aucune conclusion, seulement vos mots, mis en forme. Rien n'est envoyé à neurod.eu ni à personne : tout se passe dans votre navigateur. Par défaut, rien n'est gardé non plus, sauf si vous cochez « garder sur cet appareil » en bas. Toutes les questions sont facultatives.

Étape 1 sur 11 : Pour qui, et pour où

La fiche, étape par étape

Pour qui, et pour où

Pour qui préparez-vous cette fiche ?
À qui la fiche est-elle destinée ? (plusieurs choix possibles)

Le bruit

Les sons, leur volume, leur accumulation.

Le bruit : pour moi, en général
Exemples concrets (cochez ceux qui comptent)

La lumière et ce qu'on voit

L'éclairage, les écrans, ce qui bouge ou se voit beaucoup.

La lumière et ce qu'on voit : pour moi, en général
Exemples concrets (cochez ceux qui comptent)

Le toucher et les vêtements

Le contact, les matières, les vêtements.

Le toucher et les vêtements : pour moi, en général
Exemples concrets (cochez ceux qui comptent)

Les odeurs

Les parfums, la cuisine, les produits.

Les odeurs : pour moi, en général
Exemples concrets (cochez ceux qui comptent)

Les goûts et les textures alimentaires

Ce qui se passe dans la bouche, au repas.

Les goûts et les textures alimentaires : pour moi, en général
Exemples concrets (cochez ceux qui comptent)

Le mouvement et l'équilibre

Bouger, être porté, garder l'équilibre.

Le mouvement et l'équilibre : pour moi, en général
Exemples concrets (cochez ceux qui comptent)

Les sensations du corps

Faim, soif, envie d'aller aux toilettes, douleur, chaud et froid : on parle d'intéroception. Si ces signaux arrivent trop faibles ou trop tard, cochez les exemples qui correspondent.

Les sensations du corps : pour moi, en général
Exemples concrets (cochez ceux qui comptent)

La foule et l'espace

Le monde autour de soi, la distance avec les autres.

La foule et l'espace : pour moi, en général
Exemples concrets (cochez ceux qui comptent)

Ce qui m'aide

Les aides et aménagements qui marchent

Cochez ce qui a déjà fait ses preuves, ou ce que vous aimeriez essayer.

En cas de surcharge

Les signes qui doivent alerter

Ce que l'entourage peut remarquer quand c'est trop : la surcharge ne se voit pas toujours.

Ce que vous pouvez faire

Rien n'est gardé : vos réponses disparaîtront à la fermeture de la page.

Un profil sensoriel, à quoi ça sert ?

Chacun perçoit le monde avec ses propres réglages. Pour certaines personnes, le bourdonnement d'un néon couvre la voix de l'enseignant, l'étiquette d'un pull gratte toute la journée, la cantine est un vacarme qui épuise avant même le repas. Pour d'autres, c'est l'inverse : la faim se fait sentir très tard, le froid passe inaperçu, et le corps réclame du mouvement pour rester attentif. Ces différences sont réelles, mais elles ne se voient pas. Quand on ne les connaît pas, on les prend facilement pour un caprice, de la mauvaise volonté ou de l'impolitesse.

Cette fiche sert à les dire simplement, avant que la situation ne devienne difficile. Elle ne mesure rien et ne conclut rien : ce n'est pas un test, et encore moins un diagnostic. Elle met en forme ce que vous savez déjà de vous, ou de votre enfant, pour que les adultes et les collègues autour sachent quoi éviter, quoi proposer, et comment réagir en cas de surcharge. Si vous vous interrogez sur la haute sensibilité, notre test de haute sensibilité aide à réfléchir, sans non plus poser de diagnostic.

Dans l'autisme : un critère reconnu, sans être obligatoire

Les particularités sensorielles font partie de la définition même de l'autisme. Le DSM-5, la classification américaine de référence, range « l'hyper- ou l'hyporéactivité aux stimulations sensorielles, ou un intérêt inhabituel pour les aspects sensoriels de l'environnement » parmi les quatre comportements restreints ou répétitifs ; deux au moins sont nécessaires au diagnostic, à côté des particularités de communication. Elles sont donc fréquentes, mais ni obligatoires ni suffisantes : on peut être autiste avec peu de gêne sensorielle, et très sensible au bruit sans être autiste.

L'Inserm décrit des réactions sensorielles inhabituelles aux sons, à la lumière, au contact ou aux odeurs : parfois un rejet très fort, parfois une apparente indifférence. Une méta-analyse de 14 études a confirmé l'écart avec les groupes de comparaison ; il était même plus marqué pour l'hyporéactivité (réagir peu ou tard) que pour l'hyperréactivité, puis pour la recherche de sensations (Ben-Sasson et coll., 2009). C'est pour cela que l'échelle de cette fiche propose aussi « je recherche ces sensations » : se balancer, toucher, mâcher peut être un besoin, pas un défaut. En 2026, la Haute Autorité de santé a rappelé l'importance d'adapter les lieux et les activités aux particularités sensorielles des enfants et adolescents autistes. Notre fiche autisme et la page syndrome d'Asperger en disent plus.

Dans le TDAH : fréquent, mais encore étudié

Les particularités sensorielles ne font pas partie des critères du TDAH. Elles semblent pourtant plus fréquentes. Une revue systématique de 2011, qui n'avait trouvé que 11 études sur le sujet chez l'enfant, concluait à des difficultés sensorielles plus répandues que chez les autres enfants, tout en soulignant que le domaine restait peu étudié (Ghanizadeh, 2011). Chez 116 adultes TDAH, une étude néerlandaise a relevé plus d'hypersensibilité et d'hyposensibilité que dans la population de référence, indépendamment des traits autistiques, et nettement plus souvent chez les femmes que chez les hommes (Bijlenga et coll., 2017). Ce sont des résultats solides mais encore partiels : ils justifient d'en parler, pas d'en tirer des conclusions pour une personne donnée.

Haute sensibilité et haut potentiel : ne pas tout mélanger

La haute sensibilité (on parle aussi de sensibilité de traitement sensoriel) est un trait de tempérament étudié par la recherche, pas un trouble ni un diagnostic. Une revue critique de 2019 la décrit comme un trait fréquent, qui rend plus réactif aux environnements difficiles comme aux environnements favorables, tout en notant que sa mesure et ses mécanismes restent à préciser (Greven et coll., 2019). Autre précision importante : l'hypersensibilité n'est pas une caractéristique établie du haut potentiel intellectuel. On peut être HPI sans être hypersensible, et l'inverse ; notre article HPI et hypersensibilité fait le point sur ce que dit la recherche.

L'intéroception, le sens dont on parle peu

On pense aux cinq sens, moins aux signaux qui viennent de l'intérieur du corps : la faim, la soif, l'envie d'aller aux toilettes, la douleur, le chaud et le froid, le cœur qui s'accélère. C'est l'intéroception. Quand ces signaux arrivent trop faibles ou trop tard, un enfant peut oublier de boire toute la journée, un adulte se rendre compte de son épuisement au moment où il s'effondre. Une revue consacrée à l'autisme montre des différences répétées dans ce domaine, avec une tendance à une moindre conscience de ces signaux, mais la recherche reste limitée et les résultats varient beaucoup d'une personne à l'autre (DuBois et coll., 2016). D'où l'étape « sensations du corps » : des rappels pour boire ou manger sont parfois l'aménagement le plus utile.

Présenter ses besoins à l'école

Pour un enfant, la fiche courte peut être remise à l'enseignant, à l'animateur du périscolaire ou à l'accompagnant. Elle ne donne aucun droit à elle seule, mais elle ouvre la discussion. Si les difficultés sont durables, deux dispositifs existent. Le plan d'accompagnement personnalisé (PAP) concerne les élèves qui ont un trouble des apprentissages (troubles dys, TDAH) ; il ne demande pas de reconnaissance du handicap par la MDPH. Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) concerne les élèves reconnus en situation de handicap par la MDPH. Nos pages troubles dys et préparer son dossier MDPH détaillent ces démarches.

Présenter ses besoins au travail

Au travail, beaucoup d'aménagements sensoriels sont simples : un bureau loin de l'imprimante, la possibilité de porter un casque, des horaires décalés pour éviter les transports bondés, une lampe d'appoint à la place du plafonnier. Le site public Mon Parcours Handicap distingue les aménagements techniques (matériel), organisationnels (horaires, tâches, poste) et humains, et rappelle que l'employeur doit adapter le poste de tous ses salariés. Le médecin du travail peut recommander des aménagements, et les informations médicales restent confidentielles. Pour aller plus loin, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), attribuée par la MDPH, ouvre l'accès à des aides et à l'accompagnement de Cap emploi. Voir nos articles aménagements au travail et dossier MDPH et RQTH : par où commencer.

Chez le soignant

Une consultation cumule souvent tout ce qui est difficile : salle d'attente bruyante, néons, odeurs de désinfectant, contact physique, douleur. Donner la fiche à l'accueil ou au début du rendez-vous permet de demander simplement d'être prévenu avant d'être touché, d'attendre dans un coin plus calme, ou d'expliquer que la douleur est ressentie très fort, ou presque pas. C'est une information utile au soignant, qui reste seul juge des soins à proposer.

Des aménagements simples, souvent gratuits

  • Réduire plutôt qu'interdire : une porte fermée, un rideau, une place près du mur changent souvent plus qu'on ne l'imagine.
  • Prévenir : annoncer une alarme incendie prévue, un changement de salle, une sortie bruyante, laisse le temps de s'y préparer.
  • Prévoir une sortie : un endroit calme connu d'avance, et le droit d'y aller sans avoir à se justifier.
  • Accepter les outils : casque, lunettes teintées, objet à manipuler ne sont pas des caprices, mais des moyens de rester disponible.
  • Penser au corps : une bouteille d'eau à portée, des pauses pour bouger, des rappels discrets.
  • Revoir la fiche de temps en temps : les besoins changent avec l'âge, la fatigue, le lieu. La version d'il y a un an n'est peut-être plus la bonne.

Quand en parler à un professionnel

Si la gêne sensorielle empêche d'aller à l'école, de travailler, de manger varié ou de dormir, ou si les moments de surcharge deviennent fréquents, parlez-en à votre médecin ou à celui de votre enfant : il pourra orienter vers une évaluation ou un accompagnement adapté. Notre outil préparer son rendez-vous de diagnostic aide à arriver avec des exemples précis, et vous pouvez y joindre cette fiche. Pour les journées qui se ressemblent, une routine visuelle réduit aussi les imprévus. Si l'épuisement s'installe chez un adulte autiste, lisez notre article sur le burn-out autistique.

Pour aller plus loin, si vous le souhaitez. Le livre « Votre cerveau n'est pas cassé » consacre un chapitre aux sens en alerte : surcharge, meltdown et shutdown. Et l'espace membre propose un catalogue des aménagements, avec ce sur quoi ils reposent et comment les demander. D'autres outils gratuits vous attendent sur la page outils gratuits.

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Questions fréquentes

Ce profil sensoriel est-il un test ou un diagnostic ?
Non. C'est un outil de communication : il ne calcule aucun score et ne dit pas si vous êtes autiste, TDAH ou hypersensible. La fiche reprend seulement ce que vous avez choisi d'écrire, pour que l'école, l'employeur, un soignant ou vos proches comprennent ce qui vous gêne et ce qui vous aide.

Mes réponses sont-elles envoyées à neurod.eu ?
Non. L'outil fonctionne entièrement dans votre navigateur, sans compte, et rien de ce que vous cochez ou écrivez n'est transmis à nos serveurs. Vous pouvez garder vos réponses sur votre appareil si vous le souhaitez ; cette option est désactivée tant que vous ne l'avez pas cochée, et un bouton efface tout.

Faut-il un diagnostic pour utiliser cette fiche ?
Non. Des besoins sensoriels se décrivent sans étiquette, et la fiche peut servir à tout le monde. Pour obtenir des aménagements officiels, comme un PAP ou un PPS à l'école ou une RQTH au travail, d'autres démarches existent : la fiche peut les accompagner, pas les remplacer.

Les particularités sensorielles font-elles partie de l'autisme ?
Oui. Le DSM-5 range l'hyper- ou l'hyporéactivité aux stimulations sensorielles parmi les quatre comportements restreints ou répétitifs, dont deux au moins sont nécessaires au diagnostic. Elles sont donc fréquentes dans l'autisme, mais ni obligatoires ni suffisantes : on peut avoir un profil sensoriel marqué sans être autiste.

Être hypersensible, est-ce être HPI ?
Non. La haute sensibilité est un trait de tempérament étudié par la recherche, et le haut potentiel concerne le fonctionnement intellectuel. La recherche n'a pas établi que les personnes à haut potentiel sont hypersensibles : on peut être l'un sans l'autre, ou les deux.

À qui donner la version courte ?
À quelqu'un qui a peu de temps et doit agir vite : un enseignant, un manager, un animateur, l'équipe d'un cabinet le jour d'un rendez-vous. Elle tient sur une demi-page et ne garde que l'essentiel : ce qui gêne le plus, ce qui aide, les signes de surcharge et ce qu'on peut faire. C'est vous qui décidez de ce que vous partagez.

Sources

Les références sur lesquelles s'appuie cette fiche, consultées le 15 octobre 2026. Elles informent ; elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

  1. Autism Spectrum Disorder: Clinical Testing and Diagnosis (critères du DSM-5) — Centers for Disease Control and Prevention (CDC), États-UnisCritère B4 du DSM-5 : hyper- ou hyporéactivité aux stimulations sensorielles, ou intérêt inhabituel pour les aspects sensoriels de l'environnement ; deux des quatre critères B au moins sont requis.
  2. Autisme : un trouble du neurodéveloppement (dossier) — Inserm, publié le 13/06/2017, modifié le 30/08/2024Réactions sensorielles inhabituelles (sons, lumière, contact, odeurs), parfois de rejet très fort, parfois d'apparente indifférence.
  3. Trouble du spectre de l'autisme : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l'enfant et de l'adolescent — Haute Autorité de santé (HAS), recommandation publiée le 12 février 2026La sensorialité figure parmi les domaines d'intervention ; adapter les lieux et les activités aux particularités sensorielles des enfants et adolescents autistes.
  4. A meta-analysis of sensory modulation symptoms in individuals with autism spectrum disorders — Ben-Sasson A. et al., Journal of Autism and Developmental Disorders, 200914 études : écart net avec les groupes de comparaison, le plus grand pour l'hyporéactivité, puis l'hyperréactivité et la recherche de sensations.
  5. Sensory processing problems in children with ADHD, a systematic review — Ghanizadeh A., Psychiatry Investigation, 201111 études : difficultés sensorielles plus fréquentes chez les enfants TDAH, domaine encore peu étudié.
  6. Atypical sensory profiles as core features of adult ADHD, irrespective of autistic symptoms — Bijlenga D. et al., European Psychiatry, 2017116 adultes TDAH : plus d'hyper- et d'hyposensibilité que les normes, indépendamment des traits autistiques ; 43 % des femmes contre 22 % des hommes.
  7. Interoception in Autism Spectrum Disorder: A review — DuBois D. et al., International Journal of Developmental Neuroscience, 2016Recherche encore restreinte mais en croissance ; différences d'intéroception répétées, sens et ampleur encore incertains.
  8. Sensory Processing Sensitivity in the context of Environmental Sensitivity: A critical review and development of research agenda — Greven C. U. et al., Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 2019La haute sensibilité est un trait de tempérament, pas un trouble ; sa mesure et ses mécanismes restent à préciser.
  9. PPRE, PAI, PAP, PPS : en quoi consistent les différentes possibilités d'appui à la scolarisation ? — monparcourshandicap.gouv.fr, mis à jour le 06/05/2026Le PAP, sans reconnaissance du handicap par la MDPH, pour des troubles des apprentissages ; le PPS pour un élève reconnu en situation de handicap par la MDPH.
  10. Compenser mon handicap dans l'emploi — monparcourshandicap.gouv.fr, mis à jour le 20/10/2024Aménagements techniques, organisationnels et humains ; rôle du médecin du travail et de Cap emploi ; obligation d'adaptation du poste par l'employeur.
  11. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) — monparcourshandicap.gouv.fr, mis à jour le 15/04/2025RQTH attribuée par la CDAPH, à la MDPH, pour 1 à 10 ans ou sans limitation ; accès aux aménagements et à l'accompagnement vers l'emploi.

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