Apprentissages Neurodéveloppemental

La dyspraxie : trouble développemental de la coordination

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Les gestes qui deviennent automatiques pour les autres demandent ici une attention constante. Les muscles fonctionnent ; c'est l'apprentissage et l'enchaînement des gestes qui coûtent.

L'essentiel en 3 points

  • Trouble développemental de la coordination touchant environ 5 % des enfants selon l'Inserm (2019), sans lien avec un déficit musculaire ni avec l'intelligence.
  • Le bilan se fait en ergothérapie ou en psychomotricité, sur prescription ; le médecin pose le diagnostic.
  • Ordinateur, dictée vocale et aménagements scolaires compensent une bonne part des difficultés.

1 Qu'est-ce que la dyspraxie ?

La dyspraxie, aussi appelée trouble développemental de la coordination (TDC), touche l'apprentissage et la réalisation des gestes coordonnés. Écrire, boutonner un vêtement ou faire du vélo restent coûteux en attention, même après beaucoup d'entraînement.

Elle peut concerner la motricité fine (écriture, découpage, petits objets) et la motricité globale (sport, équilibre, déplacements). Selon l'expertise collective de l'Inserm (2019), elle concerne environ 5 % des enfants. Elle persiste souvent à l'âge adulte (Blank, 2019).

À retenir Une écriture lente, laborieuse et peu lisible (dysgraphie) accompagne souvent la dyspraxie. L'écriture à la main est l'un des gestes fins les plus exigeants.

2 À quoi ça ressemble au quotidien

Des situations typiques, données en exemple :

  • Le matin : s'habiller, lacer ses chaussures, fermer un manteau prend un temps fou. Le retard commence avant l'école.
  • En classe : recopier le tableau absorbe toute l'énergie. L'élève n'a plus d'attention pour comprendre ce qu'il copie.
  • En sport : les jeux de ballon et les équipes choisies par les élèves deviennent des moments redoutés.
  • Adulte : s'orienter dans un lieu nouveau, ranger un placard, apprendre à conduire demandent plus de temps et d'effort.

3 Ce qui aide

  • Écrire sans la main quand c'est possible : ordinateur, dictée vocale, photocopies du cours plutôt que copie.
  • Découper les gestes en étapes visibles : séquences illustrées pour s'habiller ou préparer son sac (créer une routine visuelle).
  • En sport, viser la participation : évaluer les progrès plutôt que la performance comparée.
  • Une rééducation centrée sur les activités utiles : les recommandations internationales privilégient l'entraînement aux tâches concrètes de la vie quotidienne (Blank, 2019).

4 Bilan, diagnostic et démarches

Le médecin (traitant, pédiatre ou médecin scolaire) prescrit un bilan en ergothérapie ou en psychomotricité. Ce bilan décrit les gestes touchés et leur retentissement. Le médecin pose le diagnostic, après avoir écarté une autre cause neurologique ou musculaire (Santé.fr, Inserm, 2019).

Pour un jeune enfant, le parcours passe souvent par un CAMSP ou une plateforme de coordination (PCO). Les situations complexes relèvent des centres de référence des troubles des apprentissages (HAS, 2018).

À qui s'adresser selon l'âge, du médecin et des rééducateurs de proximité jusqu'aux centres de référence : le parcours de diagnostic en France.

  • À l'école : un PAP pour les adaptations en classe ; un PPS, demandé à la MDPH, pour du matériel (ordinateur) ou une aide humaine : préparer mon dossier MDPH.
  • Aux examens : temps majoré, ordinateur ou secrétaire selon les besoins, à demander à l'organisme de l'examen (aménagements d'examens).
  • Au travail : une RQTH peut appuyer une demande d'aménagement de poste. Les droits possibles : le simulateur de droits.

5 Questions fréquentes

La dyspraxie est-elle un manque de volonté ou d'attention ?
Non. La dyspraxie est un trouble neurodéveloppemental de la coordination des gestes. La maladresse observée ne vient ni d'un choix ni d'un manque d'effort : les gestes s'automatisent plus difficilement.

Dyspraxie et dyslexie peuvent-elles coexister ?
Oui. Le trouble de la coordination est souvent associé à d'autres troubles du neurodéveloppement, comme un trouble des apprentissages ou un TDAH. C'est pourquoi un bilan complet regarde l'ensemble des besoins.

La dyspraxie disparaît-elle avec l'âge ?
Non, elle persiste souvent à l'adolescence et à l'âge adulte. Avec un accompagnement et des stratégies de compensation, son impact au quotidien peut être nettement réduit.

Sources

Les références sur lesquelles s'appuie cette fiche, consultées le 23 octobre 2026. Elles informent ; elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

  1. Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie — Inserm, expertise collective, décembre 2019Dyspraxie et trouble développemental de la coordination : un même trouble, environ 5 % des enfants, touchant surtout la motricité.
  2. International clinical practice recommendations on the definition, diagnosis, assessment, intervention, and psychosocial aspects of developmental coordination disorder — Blank R. et al., Developmental Medicine & Child Neurology, 2019Définition, diagnostic, interventions centrées sur l'activité, troubles associés et persistance à l'adolescence et à l'âge adulte.
  3. Troubles spécifiques des apprentissages : les « dys », des troubles durables mais qui se prennent en charge — Santé.fr, page proposée par l'Inserm, octobre 2019Diagnostic posé par le médecin après avoir écarté d'autres causes, à partir des bilans.
  4. Troubles dys : comment mieux organiser le parcours de santé ? — Haute Autorité de santé (HAS), guide parcours de santé, janvier 2018Parcours de soins gradué, jusqu'aux centres de référence des troubles du langage et des apprentissages.
  5. Un jeune en situation de handicap peut-il avoir un aménagement pour passer ses examens ? — Service-Public.gouv.frTemps majoré, aides techniques et aménagement d'épreuves aux examens.

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